Le carroussel du Louvre

Cette année l’atelier du piano a été sélectionné au carrousel du Louvre pour participer au concours du salon international du patrimoine culturel.

Ce fut parmi plus d’une centaine d’artisans venus des quatre coins de la France que notre atelier a dut se démarquer.

Après avoir démontré que nous méritions de participer au concours, il fut décidé que l’on enverrait notre apprenti représenter les couleurs de notre étendard.

Pour se défendre, il fut bien armé. C’est avec notre magnifique Steinway modèle O entièrement restauré à l’atelier qu’il a représenté notre passion.

Malheureusement, pour des raisons d’organisation, le piano n’a pas pu le suivre dans cette aventure. Heureusement nous avions tout prévu: un book, des photos, une vidéo et une découpe de mécanique.

 

28 octobre, la camionnette est prête, l’apprenti aussi. Deux heures de route pour se préparer  au passage devant le jury. La grande question: comment résumer un travail de plus de cent cinquante heures en quelques minutes?

Heureusement l’apprenti n’est pas seul, il s’est accompagné de sa moitié, et celle-ci a beaucoup de charisme.

Arrivé au carrousel, le discours est rodé.  

 

C’est le moment de se frayer un chemin dans les magnifiques couloirs et salles de réception qui entourent le Louvre. Quelle belle expérience de marcher au milieu de nos compagnons artisans. Trois cent trente trois passionné(e)s qui représentent plus d’une soixantaine de métiers plus intéressants les uns que les autres.

Notre stand est là… le book est prêt, les photos aussi. Coincé entre une chaise cannée et une restauration d’une des première bibles protestantes, le piano d’un mètre quatre vingt n’aurait effectivement pas pu s’incruster.    

 

Le jury ne devrait pas tarder… le stress s’invite, l’adrénaline aussi. Ils sont là, ils font comprendre qu’ils ne veulent pas vraiment que l’on parle de l’oeuvre avec laquelle nous sommes venu mais plutôt de notre travail et de notre entreprise. Le discours prêt… ne l’est plus. Ce n’est pas grave, c’est notre tour, improvisons. Voilà notre apprenti lancé, passionné et espérons le: passionnant. Tout y passe, le soin que prend le patron de l’atelier à transmettre son métier, l’historique de l’entreprise, le savoir-faire de son salarié et la principale activité de l’atelier: la restauration et la remise en état de pianos acoustiques.

Il s’est bien défendu (selon ses dires…).

La pression retombée, il n’y a plus qu’à écouter nos collègues présenter leur métier et attendre la délibération du jury.

 

Le cocktail est servi, cela fait du bien. on attend les résultats.

Pour être objectif, tout le monde méritait de gagner. Comment comparer un piano à queue avec la restauration d’une chapelle? Un souffleur de verre avec une restauratrice de cornemuse? Finalement, c’est un restaurateur de meuble ancien qui fut désigné vainqueur.

Au-delà d’un simple concours auquel notre atelier a été sélectionné parmi de nombreux artisans, ce fut avant tout un instant de partage entre des métiers qui ne se croisent jamais.